| Dossier: Guide de prévention des zoonoses (et autres problèmes de santé en zoothérapie) |
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Sylvie Portier DMV, MSc; Alain Villeneuve DMV, PhD; Robert Higgins DMV, MSc, DSc. Faculté de médecine vétérinaire, Saint-Hyacinthe, Québec.
La zoothérapie et les risques pour la santé humaine associés à la présence de chiens, de chats ou d'oiseaux en institution La zoothérapie existe au Québec depuis plusieurs années et les bienfaits qui en découlent sont nombreux. Que ce soit au niveau scolaire, hospitalier ou institutionnel, les enfants, les personnes âgées, les malades chroniques ou les personnes souffrant d'handicaps physiques ou mentaux en bénéficient grandement. Cependant l'introduction d'un animal en institution, surtout en milieu hospitalier, entraîne souvent des craintes au niveau sanitaire en plus de celles reliées au risque de transmission de maladies infectieuses aux bénéficiaires et au personnel de l'établissement. Au Québec, il semble ne pas y avoir de consensus dans les mesures préventives à suivre pour éviter de telles infections. Certains groupes n'imposent aucune mesure, tandis que d'autres s'astreignent à des mesures très strictes ou même préfèrent renoncer à l'application d'un tel programme. En se basant sur les données retrouvées dans la littérature et en les actualisant dans notre contexte québécois, nous avons évalué le niveau de risque de transmission des maladies infectieuses transmises par les animaux de compagnie impliqués en zoothérapie. À partir de ce niveau de risque, nous proposons des mesures préventives d'ordre général, sans nous attarder aux contextes particuliers de chaque établissement. Ces mesures visent avant tout les chiens et les chats introduits de façon ponctuelle en institution ainsi que les oiseaux résidant en permanence dans les mêmes milieux. Par des mesures relativement simples, il devient possible de limiter la presque totalité des problèmes de santé soulevés par l'introduction d'un animal familier. Il est à noter que le terme bénéficiaire utilisé dans ce texte réfère à la personne ou au groupe de personnes qui participent au programme de zoothérapie et que le terme zoonose signifie une maladie infectieuse transmise de l'animal à l'humain. LES ANIMAUX EN INSTITUTION Mises à part la peur et l'indifférence face à un animal, les trois principaux problèmes reliés à la présence d'un chien, d'un chat ou d'un oiseau en institution sont les risques de traumas, les risques d'allergies et les risques de transmission de maladies infectieuses (zoonoses) de l'animal à l'homme, ce dernier risque étant le plus préoccupant. Il existe également un risque de transmission de maladies infectieuses de l'homme à l'animal mais la rareté des données disponibles sur ce sujet nous empêche de l'évaluer. En théorie, l'animal servirait alors de réservoir temporaire de l'infection pour d'autres humains. Par exemple, l'acarien responsable de la gale sarcoptique d'origine humaine pourrait jouer ce rôle. Voici quelques commentaires concernant les trois problèmes mentionnés plus haut : A) Risques traumatiques
Dans la mesure du possible, les intervenants devraient apprendre aux bénéficiaires les règles de base du comportement animal tels ne pas déranger un animal qui mange ou qui dort, ne pas lui tirer la queue, les oreilles, ne pas s'asseoir dessus. Pour les oiseaux, il est préférable de ne jamais les manipuler et de les laisser en cage. Seul le préposé attitré à leur entretien devrait les manipuler. Lorsqu'une lésion traumatique survient suite à la manipulation d'un chien, d'un chat ou d'un oiseau, on doit nettoyer immédiatement la plaie avec de l'eau et la désinfecter avec un antiseptique. Tout incident doit être rapporté au personnel médical ou au responsable du programme de l'institution. B) Risques allergiques Certaines personnes peuvent être allergiques aux pellicules, aux poils, à la salive, à l'urine ou aux autres sécrétions animales. Le chat, le cochon d'Inde et le cheval sont des espèces animales très allergènes. Par contre, certains animaux, surtout ceux qui perdent moins de poils, déclenchent moins d'allergies. Ainsi, le Caniche, le Bedlington Terrier et les chats de race Rex sont parfois conseillés aux familles dont un des membres présente de l'allergie. La réaction allergique peut aussi varier en fonction d'une race de chien à une autre; par exemple, une personne peut être allergique au chien de race Collie et ne pas l'être au chien de race Labrador. Dans certains hôpitaux, pour diminuer ce risque, on demande de donner un shampoing anti-allergène ( du type Allerpet® ) 24 heures avant la visite. D'autres recommandent de faire porter à l'animal un chandail pour diminuer la perte de poils et de pellicules. Évidemment, pour une personne reconnue allergique, il importe d'évaluer les bienfaits de la thérapie par rapport aux désagréments causés par l'allergie et limiter, voire même annuler le cas échéant, sa participation au programme.
C) Risques infectieux Les animaux de compagnie peuvent transmettre un certain nombre d'infections bactériennes, parasitaires, fongiques ou virales aux humains (tableau 1). Les agents infectieux responsables peuvent provenir des poils ou des plumes, de la peau, de la gueule, des matières fécales, de l'urine, des éternuements, de la litière, de l'environnement fréquenté par l'animal et les trois principales voies d'entrée de ces agents infectieux chez l'homme se font par la peau, par ingestion ou par inhalation. Les modes de transmission de ces infections varient avec chaque cas. Ils peuvent résulter par exemple d'un contact direct avec l'animal en le flattant (teigne, gale, giardiose), en se laissant lécher (bactéries présentes dans la cavité orale), ou par un contact indirect avec des selles infectées, du matériel ou des aliments souillés par des déjections animales (salmonellose, campylobactériose, toxoplasmose, leptospirose), ou encore résulter d'une morsure ou d'une griffure. De plus, certains agents infectieux tels les oeufs de certains parasites doivent se développer en milieu humide et oxygéné avant de devenir infectieux. L'enlèvement des matières fécales à chaque jour diminue le risque de contamination. D'autres agents infectieux nécessitent un vecteur pour se transmettre. La dirofilariose est ainsi transmise par un maringouin et la borréliose de Lyme par une tique. L'absence de ces vecteurs en institution annule le risque de transmission. Malgré le grand nombre de zoonoses existantes, le risque global de transmission de maladies infectieuses conféré par la présence d'un animal de compagnie demeure souvent minime (tableau 2). Plusieurs de ces infections ne seront transmises que de façon indirecte ou résulteront d'un événement autre qu'un contact animal. Pour la plupart, des mesures d'hygiène simples et un minimum de connaissances permettront de les éviter de façon adéquate (tableau 2 et la section sur les mesures préventives). Ainsi, avant de débuter tout programme de zoothérapie, il faudra s'assurer que le personnel et les responsables du programme soient bien informés de ces mesures, de leur mise en application et en fasse part aux bénéficiaires. LES PERSONNES IMMUNODÉPRIMÉES Plusieurs conditions entraînent une baisse du système immunitaire dont certaines maladies systémiques chroniques telles le diabète sucré, l'immunodéficience congénitale, la cirrhose du foie, l'insuffisance rénale chronique, la malnutrition et certains types de cancer, des maladies nécessitant des traitements avec des agents immunosuppresseurs tels l'ablation de la rate, l'hémodialyse, le cancer, la transplantation d'organe ou de moelle osseuse, ou des maladies reliées à des agents infectieux dont le virus du VIH. L'âge est aussi un facteur déterminant. Les nouveau-nés, les jeunes enfants et les personnes âgées sont plus à risque. Cette baisse de fonction du système immunitaire augmente la susceptibilité de l'hôte et la gravité de certaines infections. Parmi celles possiblement transmises par les animaux de compagnie et qui sont plus à craindre pour les personnes immunodéprimées se retrouvent Salmondla spp, Campylobacter spp, Bartonella henselae, Chlamydophila psittaci, Cryptosporidium spp, Giardia lamblia, Toxoplasma gondii, les agents de morsures et Bordetella bronchiseptica. Cependant, tel que démontré au Tableau 2, à l'exception de Bartonella henselae, des agents de morsures et de Chlamydophila psittaci, une source d'infection autre que le contact direct avec le chien, le chat ou l'oiseau est plus fréquemment mise en cause. Ainsi, le risque de contamination par contact direct avec les animaux familiers demeure faible pour ces maladies et ne justifie pas l'interdiction de posséder un animal familier ou de faire partie d'un programme de zoothérapie. Toutefois, les personnes immunodéprimées doivent être particulièrement vigilantes et suivre à la lettre, les normes de prévention. À cause du risque élevé de transmission de Salmonella spp, on leur interdit de manipuler ou de posséder des reptiles ou amphibiens.
MESURES PRÉVENTIVES GÉNÉRALES Pour diminuer les risques de contamination, des règles d'hygiène générales devraient être observées en tout temps.
MESURES PRÉVENTIVES POUR LES ANIMAUX Pour éviter d'introduire des animaux malades ou des mauvais candidats, on recommande de suivre les mesures suivantes :
EN CONCLUSION
ARTICLES CONSULTÉS : 1) Adams RM. Animais in schools: A zoonosis threat? The Pediatrics Infectious Disease Journal 1998; 17:174-176.
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